Le budget validé, mais la guerre continue
Ce jeudi, l’exécutif bruxellois a enfin bouclé son budget. Deux semaines après le départ d’Ahmed Laaouej, son ministre de l’Économie, qui avait claqué la porte de la table des négociations en pleine crise. Pour le faire passer, il a obtenu ce qu’il voulait : Isabelle Grippa, sa candidate, prend la tête d’Actiris. Le MR, lui, récupère sa commissaire aux drogues, qui avait été virée par la majorité sortante. Une victoire à la Pyrrhus.
Laaouej a joué serré. Il savait que sans accord, Bruxelles risquait l’asphyxie financière. Les services publics, déjà à la ramasse, auraient pu se retrouver sans un sou. Les fonctionnaires, eux, auraient vu leurs salaires gelés. Personne ne voulait ça. Pas même les opposants, qui ont fini par céder. Mais le prix était élevé.
Grippa, la candidate de Laaouej, arrive avec un mandat flou
Isabelle Grippa, c’est le choix de Laaouej. Pas celui des Bruxellois. Elle arrive avec une réputation de gestionnaire rigide, pas de réformiste. Actiris, l’agence pour l’emploi, est un bordel. 30 000 demandeurs d’emploi non accompagnés, des postes gelés, des contrats qui explosent. Personne ne sait vraiment comment elle va s’y prendre. Certains murmurent qu’elle va serrer encore plus la vis, surtout sur les allocations. D’autres parient sur un retour en arrière : moins de flexibilité, plus de paperasse.
Le vrai problème, c’est qu’elle n’a pas été choisie pour son projet. Elle a été imposée. Et ça, ça se sent. Les syndicats grognent déjà. Les partenaires sociaux, eux, attendent de voir. Mais à Bruxelles, quand on impose un nom, c’est souvent pour mieux le contrôler. Laaouej a gardé un œil sur Actiris.
Le MR récupère sa commissaire aux drogues, et c’est malin
Pendant ce temps, le MR récupère sa commissaire aux drogues. Une victoire symbolique, mais pas anodine. La majorité sortante avait viré la commissaire en place, accusée de laxisme. Le MR, lui, veut sa tête. Pas pour les mêmes raisons : pour eux, c’est une question de principe. Ils veulent leur homme à ce poste. Et maintenant, ils l’ont.
Sauf que la politique des drogues à Bruxelles, c’est un champ de mines. Les dealers, les usagers, les associations, les flics… Tout le monde a un avis. Et personne ne veut se faire engueuler. Le MR va devoir jouer finement. S’il casse les règles, il perd. S’il les suit, il perd aussi. Bruxelles n’aime pas les perdants.
La crise n’est pas finie, elle est reportée
Le budget est passé. Grippa est nommée. Le MR a sa commissaire. Mais la guerre n’est pas terminée. Elle est simplement en pause.
Laaouej a gagné cette bataille. Mais la guerre, elle, est loin d’être gagnée. Les tensions restent. Les comptes sont toujours dans le rouge. Et les Bruxellois, eux, attendent des solutions. Pas des nominations.
Ce que ça change pour vous
Pour les demandeurs d’emploi, rien ne change tout de suite. Actiris reste un labyrinthe. Pour les usagers de drogues, la politique va peut-être durcir. Mais le vrai problème, c’est que personne ne croit vraiment à un changement de fond.
Bruxelles a évité le pire. Mais le pire, c’est souvent ce qu’on ne voit pas venir.
Le chiffre qui résume tout : 30 000
30 000. C’est le nombre de demandeurs d’emploi non accompagnés à Actiris. Un chiffre officiel, sorti d’un rapport de 2023. Personne ne sait combien il est aujourd’hui. Personne ne veut non plus le savoir. Parce que ça fait mal.
Isabelle Grippa va devoir gérer ça. Sans budget supplémentaire. Sans soutien clair. Avec une réputation de femme qui ne plaisante pas. Et surtout, avec une population qui a déjà perdu patience.
La vraie question, c’est : et après ?
Après les nominations, après les promesses, après les crises évitées… Qu’est-ce qui va changer ?
Rien, probablement. Parce qu’à Bruxelles, les crises, ça se règle toujours à la dernière minute. Et les solutions, elles, attendent.
Le MR joue sa partition, mais la musique n’est pas finie
Le MR récupère sa commissaire. Une victoire politique. Mais une défaite stratégique. Parce que la politique des drogues, c’est un sujet qui divise. Et quand on divise, on perd.
Laaouej, lui, a sauvé son budget. Mais il a aussi perdu une partie de son crédit. Parce que nommer Grippa, c’est reconnaître que la majorité sortante avait raison sur un point : Actiris, c’est un bordel. Et que personne ne sait vraiment comment le nettoyer.
La conclusion qui dérange
Bruxelles a évité l’effondrement. Mais ça ne veut pas dire qu’elle a gagné.
Les nominations sont faites. Les budgets sont votés. Les promesses sont tenues. Pour l’instant.
Mais la vraie question, c’est : est-ce que ça suffira ?
Probablement pas.